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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 16:53
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Published by Eliott Nuit
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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 09:59

Va-t’en, obscurité.

Va-t’en.

Je t’ai servi, plus qu’à mon tour.

J’ai porté ton blason, l’ai assumé face aux armées lumineuses bien pensantes, me suis roulé dans l'encre noire lorsque les petits matins chantaient, pour me protéger des lueurs de l’aurore même.

J’ai gagné tes gallons, j’ai trôné sur ton royaume.

J’ai refusé le jour, épousé la nuit.

J’ai guerroyé sans fin dans la basse-fosse, répandant les tripes de mes démons, marquant mon corps des cicatrices de l’âme.

J’ai survécu où personne ne survit, je suis revenu d’où l’on ne revient pas.

Et j’ai fait tout ce chemin à tâtons.

Plusieurs fois.

Va-t’en, obscurité.

Maintenant je veux aimer, rire.

Maintenant je veux vivre, construire.

Tu es en moi, mais s’il te plait, va-t’en.

Écarte-toi, juste un peu.

Laisse-moi chanter quelques couplets, laisse-moi croire un instant, laisse-moi me réchauffer quelques secondes.

Laisse-moi espérer.

Juste une seconde. Le temps d’imaginer une vie éclore, enfin.

Une merveilleuse seconde, faite de lendemains.

Une levée de violons, un optimisme inespéré, une épée haut brandie, et de l’envie, ô mon dieu, de l’envie.

Rien qu’une seconde. Va-t’en.

Laisse-moi rêver aujourd’hui.

Ce soir tu reviendras.

Dans mon âme, toute lueur tu éteindras.

Je t'entendrai rire, tu m'écouteras pleurer.

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 17:05

Il est dix-huit heures.

Dix heures que je suis debout, cinq cafés dans le ventre.

J'ai faim.

J'ai mangé un bout de pain, j'ai vomi.

J'ai faim quand même.

Passons.

La France et le monde deviennent un vrai background de film noir, entre néorascime assumé et homophobie décomplexée, niveau économique et emplois, les espagnols nous font coucou.

Coucou.

Complètement coulé financièrement, je ne dois ma survie qu'à la générosité de mon père qui me renfloue presque mensuellement, toujours avec le sourire. Il a fini, la semaine dernière, par me faire comprendre qu'il avait lui-même, à force, de l'eau jusqu'aux genoux. J'ai répondu que j'allais faire en sorte de ne plus faire appel à lui. J'étais sincère dans ma volonté. Mais ce que la vie -- ma vie -- m'a appris, c'est que sur le coup, j'ai probablement menti.

31 ans, toujours un enfant.

On apprend tous les jours. Ce week end, j'en ai appris une nouvelle. Je me pensais un animal particulièrement sociable, étant parvenu jusqu'alors à m'intégrer à toutes les tablées, aussi différentes de moi fussent-elles. J'ai passé de très agréables repas avec des chirurgiens, des comptables, des musiciens, des vieux, des gens de droite, même avec des sportifs, c'est dire. Eh bien ce week end j'ai découvert qu'il existe une frontière que la sociabilité la plus entrainée ne peut outrepasser, c'est celle de la jeunesse.

En effet, j'ai le malheur de cotoyer un soleil bien plus jeune que moi, depuis six mois aujourd'hui. Notez que j'ai lutté, hein, pour ne pas laisser un soleil si vert se perdre dans mes filets décrépis. Notez aussi que la seule chose qui rassure mes violentes angoisses sur la peine et la déception que je lui causerai tôt ou tard, c'est que ce soleil est radieux et très entouré, et surtout que j'ai déjà indentifié dans son entourage celui avec qui elle finira, et ils seront beaux. Si si.

Bref, samedi dernier me voilà convié à une tablée dont j'étais l'ainé avec une marge appréciable, six ans minimum, quatorze ans -- putain, quatorze -- maximum. J'étais malgré tout confiant. Ayant réussi à me faire accepter en tant que chômeur sans diplôme par des tablées de chirurgiens, j'étais sûr de mes capacités d'adapation.

Et paf le dupataf.

Dès l'apéritif, je réalise avec effroi que j'ai été présenté à eux en mon absence comme écrivain. Première étape, expliquer que je ne suis pas publié parce que je ne suis pas assez bon. Echanges de regards furtifs moqueurs.

Tiens, une bière.

Toujours à l'apéritif, quelqu'un emploi le mot "congruance". Je n'ai pas le temps de demander la définition du terme que toute la tablée me la réclame à moi, "l'écrivain". J'avoue mon ignorance. Quolibets. La scène se reproduira deux ou trois fois. Je suis nul en vocabulaire. Ouais, je sais, je suis nul en écrivain. On me le glisse, d'ailleurs, gentiment. Ou pas.

Tiens, une bière. Faut que je la savoure, c'est ma dernière, je conduis, et on est même pas encore à table. Là, je commence à douter. Je décide de ne pas paniquer. En fait, j'ai pas le choix. Je serais venu seul, je serais déjà parti, et personne ne s'en serait rendu compte. Mais je ne suis pas venu seul.

Le repas débute, on ne me parle que par politesse, vous savez ces quelques phrases banales, ces questions de circonstance, posées l'oeil torve et le ton monocorde, parce qu'il faut, tout en tendant l'autre oreille vers des discussions plus intéressantes. Je réponds au mieux. Je réalise à la fin d'une phrase que mon interlocutrice ne m'a pas écouté. Elle est déjà rentrée dans une autre discussion.

Une bière. Fuck la police.

Et le reste du repas le nez dans mon assiette.

Fin de la tablée, ça migre sur la wii.

Les filles enquillent les "Just Dance". J'y ai joué des heures avec ma petite soeur, je me dis qu'avec un peu de chance cet entrainement me servira ce soir. Bien entendu, par mon double statut de mâle et de vieux machin, personne ne me propose. Je comprends qu'il faut que je m'impose, au moins pour mettre une toutouille à ces minettes sur le "Pump It" que je connais par coeur. Mais le courage me manque, le début de soirée a eu raison d'une bonne partie de mes forces, et je reste en retrait, à les regarder. Elles s'amusent bien. Je n'aurais rien à y faire. Des mecs jouent avec elles, maintenant. Ils s'éclatent. Je sors fumer une clope.

Au retour je m'installe à la table, un peu en retrait, pour les observer jouer, voir mon soleil sourire. L'homme le plus jeune de la soirée, la vingtaine, passe dans mon dos: "oulah, ça sent le renfermé, là, ça sent le vieux."

Je tourne vers lui des yeux ronds de surprise, ne m'attendant pas du tout à un tir de sniper.

Hilare devant moi, il rajoute: "sinon, en vrai, j'suis un mec sympa".

Le pire, c'est que je n'en doute pas. C'est juste moi qui ne suis pas à ma place.

Nulle part.

Les mecs se rebellent, et prennent la Wii de force pour jouer à Mario Kart. C'est mon sniper qui mène la révolte, autant vous dire qu'on ne m'a pas proposé de manette. Je les regarde un peu jouer, la moitié d'une course, le temps de réaliser que le plus mauvais de mes amis aurait humilié leur champion. Je finis par me dire que c'est une bonne chose qu'on ne me propose pas de jouer, que je les ridiculise en jouant vraiment ou que je fasse semblant de perdre, j'en aurais pris plein la tronche. 

Je cherche une bière. Mort aux vaches. Mais je réalise que je ne rentre pas seul. Ne voulant mettre personne d'autre que moi en danger, j'arrête l'alcool.

Ne pouvant plus boire, faisant trop froid pour passer la soirée sur la terrasse à fumer, la fin de soirée fut longue.

Le bilan, un échec cuisant.

C'est le deuxième échec de ce type, que j'attribue, sûrement par facilité, à l'âge. Le premier, c'est que pour la première fois de ma vie je suis persona non grata par ma belle famille, qui refuse de me rencontrer, et n'espère, finalement, que ma disparition dans la vie de leur fille. Le vieux machin, écrivain raté, qui a l'outrecuidance d'être en couple avec leur fille, jeune et rayonnante, qui tient le monde dans ses mains.

Fair enough.

Tournons nous vers l'avenir, alors!

Oh oui, l'avenir.

Bientôt plus de droits assédics. Un mois de contrat qui m'attend en décembre, dans un boulot qui m'a fait exploser lors des dernières missions en moins de cinq jours à chaque fois. Bien entendu, je n'ai pas droit à l'erreur, c'est toute l'entreprise de mon frère, mon colloc, qui pourrait être en péril si j'échoue. Bien entendu, en période de Noël ce boulot est dantesque. Or, même en août j'ai réussi à exploser dessus.

Oh oui, l'avenir.

Ma vie, ce sont des chiottes crâdes, une lunette cassée et des gouttes de pipi aux murs.

Oui, mais ça sent la pinède.

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Published by Eliott Nuit - dans Humeur du Jour
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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 14:58

Bouteille à la mer

Androgynes égarés

Plage déserte

 

Marchand de sable

Epave si échoué

Plaide coupable

 

Fuite des sens

Obsolescence programmée

Chant du silence

 

Hello darkness my old friend

I've come to talk with you again...

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Published by Eliott Nuit - dans Haikus
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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 13:42

Assis sur un rondin non loin de la rune magique, mines sombres et têtes basses, Poète et Satyre ruminaient silencieusement, attendant l'ouverture du portail. Poète répétait encore et encore les quelques sorts qui seraient vitaux lorsque jailliraient de la brèche des centaines de monstres. Il n'était pas serein, il avait perdu beaucoup de puissance dans le rituel. Satyre, lui, ruminait. Tout simplement.

Puis il y eut un son lourd et poisseux. Celui d'une pièce d'armure qui tombait dans la boue. Ils levèrent tous deux la tête. Chevalier, quelques mètres devant eux, qui se tenait depuis un moment immobile, debout, venait de détacher une de ses épaulières rouillées, la laissant choir au sol, comme on se débarrasse d'un fardeau. La deuxième ne tarda pas à suivre sa jumelle à terre. Satyre et Poète n'eurent d'autres réactions que de l'observer silencieusement. Il était en proie à une souffrance palpable. Quelques dizaines de mètres devant lui, la brisure dimensionnelle ronronnante continuait de grandir, comme une promesse funeste.

Chevalier était fatigué. Ses épaulières lui semblaient trop lourdes, alors il s'en était débarrassé. Son plastron aussi, qu'il chercha à retirer. Mais les lanières dorsales étaient difficiles d'accès, aussi il s'énerva à ne pas pas les atteindre. Finalement ce fut les doigts de Satyre qui s'en chargèrent, Chevalier lui jeta un coup d'oeil plein de gratitude triste. Les jambières et le casque connurent le même sort. L'instant d'après, Chevalier n'était plus qu'un homme torse nu, en pantalon de toile froissé d'avoir transpiré sous des pièces d'armure. Pourtant, encore, il se sentait trop lourd. Comme s'il voulait retirer ses muscles, ses os, qui lui pesaient trop. Sa tête. Sa vie.

Il chercha en lui la force d'aller prendre position en première ligne, près de la brisure. Il mit du temps à se faire à l'idée, à se mouvoir, lui qui avait l'impression de peser une tonne, de n'être qu'un objet inerte, inamovible, dénué d'envie et de vie. Il entreprit de ramasser sa gigantesque épée pour aller prendre place. Mais l'absurdité de ce morceau de métal gargantuesque lui apparut plus que jamais, tandis qu'il peinait à le soulever même. Il en avait pourtant la force physique, à meilleure preuve, dans un rictus grimaçant de rage, il leva cette arme inhumaine comme d'autres jouent avec un fleuret, et la planta violemment au sol, droite, s'en débarrassant à jamais. Alors, il sorti du fourreau sa vielle épée bâtarde, celle qui l'avait tant de fois accompagnée, celle qui avait connu les entrailles du Dragon Noir, et fit quelques moulinets. C'était une arme émoussée par les combats et le temps, ternie par l'humidité, dont la garde portait les stigmates du blason du royaume de Lumière, qui y avait été apposé, puis retiré. C'était une arme humaine, humble. De celles que portent ceux qui meurent par milliers sur un champ de bataille, dirigés par des généraux pour qui les pertes humaines ne sont qu'une soustraction sur un chiffre global. C'était son épée. Elle lui sembla un peu lourde, quand même.

Enfin il entreprit, d'un pas lent et douloureux, de se rapprocher de la première ligne. Jamais il n'avait ressenti pareille lassitude, pareille tristesse. Il savait pertinemment quelle en était la cause. Les racines étaient profondes, il fallait remonter le temps, jusqu'au tout, tout début.

Au commencement.

Au commencement, il y avait la famille de Chevalier. Une mère veuve et ses sœurs. La vie n'est déjà pas simple à Sombrenuit. Pour une femme seule avec enfants, cela tenait du chemin de croix. Le premier souvenir dont disposait Chevalier était d'avoir, vers ses trois-quatre ans, fait sourire sa mère, avec un dessin qui avait pourtant provoqué les railleries de ses sœurs. Ce fut la première fois qu'il la vit sourire. Il en retint aussitôt une responsabilité. Jusqu'à ses sept ans, son unique préoccupation fut de faciliter au possible la vie de la ferme, et de provoquer le sourire rare d'une mère noyée d'obligations. Puis vint l'âge de raison, et les devoirs qui vont de pair. En plus du soutient moral, il prit très vite, en tant que seul homme de la famille, des postes de plus en plus cruciaux dans les travaux, agricoles, ménagers ou familiaux. Approchant de l'âge de la cérémonie de l'Envol, il était devenu la pièce angulaire de la famille.

Au point qu'il se rendit à la Tour Sombre, rencontrer l'Empereur lors d'une séance de doléances, pour lui demander d'être exempté de la cérémonie de l'Envol, ses obligations à la ferme familiale ne lui permettant pas de partir ainsi pour un temps indéterminé. Il ne put rencontrer l'Empereur, celui-ci était déjà devenu fou, reclus au sommet de son donjon. Ce fut l'Impératrice, la Nuit, qui le reçut. Celle-ci fut touchée par la vaillance de ce petit homme – Chevalier n'a pas souvenir avoir été un enfant – mais ne put rien pour sa requête. La cérémonie de l'Envol était la tradition la plus sacrée de Sombrenuit, et nul ne pouvait s'y soustraire, quelles qu'en soient les raisons. Mais la Nuit s'engagea tout de même pour ce petit être si volontaire. Elle lui promit qu'un aide agricole serait dépêché à la ferme familiale durant son absence aux Murs. Elle s'engagea même à ce que ce garçon reste employé de la ferme au frais de l'Empire après son retour. En contre partie, elle exigea qu'à sa redescente du mur, il se présente à nouveau face à elle, et entre au service de l'Empereur. Un peu intimidé, Chevalier finit par accepter. La ferme avait besoin de cet aide. L'idée de voir d'autres horizons ne lui déplaisait pas non plus. Pourtant au fond de lui naquit une culpabilité qui ne disparaîtrait jamais, celle d'avoir abandonné son foyer. Car nul ne pouvait aider sa famille comme lui le faisait. Mais un coin de son esprit savait que l'Impératrice était en train de lui offrir une vie, certes de servitude aussi, mais qui lui serait propre, du moins un peu plus. Alors qu'il se confondait en remerciements tout en se dirigeant à reculons vers la sortie de la salle du trône, l'Impératrice, qui avait passé toute l'entrevue à l'observer avec une attention telle qu'il en était mal à l'aise, lui demanda s'il avait un nom. En Sombrenuit, le nom d'un enfant n'est pas choisi à la naissance. Ils portent un nom provisoire, jusqu'à ce qu'une dénomination leur soit trouvé, leur correspondant à la perfection. Il secoua la tête face à l'Impératrice, penaud :

« Non votre Altesse, pour l'instant, on ne m'appelle que « fils ». »

L'impératrice eut un large sourire.

« Mon enfant, désormais, tu seras « Chevalier ». Telle est la volonté de ton Impératrice. »

Il bomba le torse, fier comme un paon. Très rares sont ceux nommés par l'Empereur. Surtout pour un nom si respectable. Il se fendit d'une révérence et quitta la salle de doléance le cœur un peu plus léger.

Ce ne fut que quelques années plus tard qu'il comprit que les noms « fils » et « Chevalier » étaient absolument identiques. L'un dans une famille composée de filles, l'autre dans un Empire agonisant rongé par l'ombre, tous deux ne signifiaient qu'une servitude absolue, exigeants un total oubli de soi.

Le temps de former partiellement l'aide agricole, était venu le moment de la cérémonie de l'Envol. Celle de Chevalier ne ressembla à aucune autre. Déjà, parce qu'il y allait à reculons, la vivant comme une obligation contraignante, là où les autres enfants Sombrenotes piaffaient impatiemment durant des mois à l'idée de découvrir le sommet des Murs. Lui, il trouvait le garçon de ferme loin d'être suffisamment efficace, et voulait revenir au plus vite pour achever sa formation avant d'aller répondre à ses devoirs pour l'Empire. De plus, nul dans sa famille ne croyant une seule seconde qu'il était possible que Chevalier saute des Murs de Solitude et se soustraie ainsi à ses responsabilités, personne ne fit les efforts que font les autres familles pour persuader les enfants qu'il faut qu'ils choisissent la vie triste et noire de Sombrenuit. Personne ne broda des mois durant sa tenue de l'Envol. Il la fabriqua tout seul, de bric et de broc, en chemin. De mémoire de Sombrenote, on n'avait jamais vu plus piteuse tenue de l'Envol. Personne ne l'accompagna non plus aux Murs en chantant ses louanges. Tout juste eut-il droit à un laconique « Reviens-nous vite, c'est bientôt la récolte » en partant. Il fit le chemin vers les Murs de Solitude seul, au pas de charge, en priant pour que le Sondeur le laisse redescendre aussitôt, préparant ce qu'il lui dirait pour le convaincre de ne pas perdre de temps, que des responsabilités pressantes l'attendaient en bas.

Lorsqu'il pénétra dans les Murs de Solitude, il passa par la grande salle dans laquelle les enfants laissent les cadeaux reçus pour la cérémonie. Il n'en portait pas, mais avait au fond sa poche quelques pièces que lui avait confié sa mère pour acheter des pousses de racine noire sur le retour. Il s'interrogea brièvement pour savoir s'il devait les y laisser. Mais ça n'était pas un cadeau, c'était un devoir. Et les devoirs sont tout sauf des cadeaux. Aussi garda-t-il les quelques piécettes au fond de sa poche tandis qu'il démarrait l’ascension.

Lui qui pensait ne s'acquitter que d'une formalité ne pouvait imaginer une seconde que les événements qui l'attendaient au sommet allaient décider de sa vie toute entière.

 

Fin de la première partie de l'épisode 10 d'Eclats d'Âmes Circus, « Le Monde Pour Epaulières »

Générique :

 

Heureuse rentrée à tous :)

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Published by Eliott Nuit - dans Eclats d'Âme Circus
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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 08:22

« Ce que tu écris est nul

et ça manque de vocabulaire. »

 

Ainsi fauchée, la Plume,

Honteuse, se terre.

 

La vérité s'assume,

Se porte, se traîne.

 

Ainsi je me résume

Faux-espoir littéraire.

 

Un vieux tromblon, un casque troué,

Face à l'artillerie rutilante.

 

Je le sais et le savais,

ça n'est pas que ça me chante.

 

Tout, au monde, ce que j'ai,

Pour combler l'attente,

 

Que mes écrits imparfaits

Et ma joie décadente.

 

De là je partirai,

Ma Plume pour seule amante.

 

Je n'ai qu'elle.

Je n'ai plus qu'elle.

Je n'ai eu qu'elle.

 

Plume, n'écoute pas ceux qui ont la franchise

De te confesser ce que tu es.

 

Plume, ainsi soit-il, on te méprise,

Tu es tout ce que j'ai.

 

Qu'importe les flammes léchant les vitres

L'habitacle tiendra encore quelques lignes.

 

Sur une barricade, ou sur papier libre,

Je suis perdu, mais je suis libre.

 

Que flotte encore le drapeau rouge, ivre.

Jusqu'à mourir, je serai libre.

 

Ma Plume pour seule amante.

Nulle, inculte, inconsistante,

Finalement si ressemblante,

Alors, le poing serré, chante !

 

Je n'ai qu'elle.

Je n'ai plus qu'elle.

Je n'ai eu qu'elle.

 

Et je n'ai besoin de rien d'autre.

 

Ne pleure pas ta nullité, Plume.

C'est pas comme si, en vrai, on y croyait.

Y'a juste pas l'choix, alors assume.

Toi et moi, sommes condamnés.

 

Je n'ai que toi, tu n'as que moi.

Qu'importe notre médiocrité.

Plume, que meurent les Rois.

Car des têtes vont tomber.

 

Seuls contre tous

Dressons la barricade !

Ils nous diront fous

Nous serons camarades.

 

Pour toujours et à jamais,

Chante le poing levé, le menton droit.

J'étais seul quand je suis né,

Aujourd'hui je n'ai que toi.

 

 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 15:39

Blanche comme la mort.

Vide de mots.

Vierge de maux.

Tous en moi, encore.

 

L'encre refuse de saigner.

La barque s'innonde,

Mais refuse d'écoper.

Etouffe mon monde.

 

Suffoque et va crever.

Explose et va tuer.

Respire, respire,

Et va écrire.

 

Trop de mots, trop de maux!

Dans un si petit stylo.

j'ai retiré le capuchon,

Mais ils forment un bouchon.

 

Invisible et coriace,

Refuse ma plume et mes us.

Artère bouchée de rage,

Artistic Infarctus.

 

Page blanche,

Peine capitale.

L'écrivain flanche,

Surgit l'animal.

 

Un écrivain qui n'écrit plus,

C'est un oiseau qui ne vole plus.

Parmis les chats et les voitures.

Sautille la vie dure.

 

Ecrire n'est pas vital.

C'est de garder en soi, qui est létal.

Je veux m'envoler,

Mes ailes ne me portent plus.

 

Thomas Fersen chante pour moi:

"L'esprit est une enclume,

Et c'est lourd, une enclume,

Quand on est fait de Plume."

 

Loosing again.

Loosing again.

Loosing again.

Again, again, again.

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 06:47

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Published by Eliott Nuit - dans Berserk - Extraits
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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 17:09

Regarde pas en bas.

Regarde pas en bas.

Accroche-toi !

Accroche-toi !!!

Regarde-moi putain, regarde-moi.

Regarde-moi !!!

Tends ta main !

Attrape la mienne !

Plus !

Tends tout le bras !

Attrape ma main, putain !

Merde j'atteins pas.

Accroche-toi, je vais...

Accroche-toi !

A l'aide, si quelqu'un m'entends, à l'aide !

À l'aide !!!

Accroche-toi putain je te jure que je vais te sortir de là.

On va l'avoir, notre putain de belle histoire.

Mais lâche pas.

Tu lâches pas, hein ?

Accroche-toi !

Je te jure que je vais te sortir de là.

Je te le promets, tu m'entends ?

Regarde-moi !

Tiens bon !

A l'aide !!! A l'aide !!!

Est-ce que quelqu'un m'entends ?!

À l'aide !!!

...

Merde.

Regarde-moi.

Regarde-moi !

Tu vas t'en sortir.

Tu vas t'en sortir !

Si ! Putain, Si !

C'est pas fini, c'est pas fini.

Je te l'interdis.

Regarde pas en bas.

Je sais que t'as mal !

Regarde pas en bas ! 

Lâche pas. Lâche pas !

Regarde-moi !

Je sais que t'en peux plus, mais on y est presque !

Accroche-toi encore un peu !

A L'AIDE, PUTAIN !!! A L'AIDE !!!

Je t'interdis de crever là.

Je te l'interdis, tu m'entends ?!

Putain il faut qu'on trouve un...

Regarde !

Là ! Là !

Essaie de prendre appuis là.

Tu peux le faire !

Tu peux y arriver !

C'est un peu loin, essaie de te balancer.

Allez, tu peux le faire !

Fais attention !

Oui, c'est bien ! Comme ça !

Allez ! ALLEZ !!!

T'y es presque !

Regarde pas en bas !

Regarde pas en bas !

REGARDE PAS EN B... !

N-NON !

Merde.

MERDE !!!!!!

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 15:07

Ce matin, j'ai été réveillé, comme beaucoup, par la pluie battante martelant mon velux. Ce réveil-matin n'est pas loin de devenir traditionnel, cela fait neuf mois qu'il pleut sur notre ville grise. Ma chambre, au dernier étage du bâtiment, n'a pas de fenêtre, juste un velux qui donne sur les cieux. L'esprit encore engourdi de sommeil, je regardais la vitre, afin de voir s'il s'agissait d'une simple averse, ou de la mousson. Il pleuvait des cordes, on devinait Noé garé en double-file devant un tabac-presse pour faire le plein de revues porno, ça partait pour durer. Mais ça n'est pas ce que je remarquais en premier.

Sur mon velux, une espèce d'énorme tas de boue détrempé trônait.

Ma surprise fut telle que je me levais et m'en rapprochais pour en comprendre la provenance. Mon velux émane à plus de dix mètres du sol, n'est visible ni de la rue, ni d'aucun bâtiment alentours. Les deux premières hypothèses furent :

_ soit l'oeuvre un ouvrier particulièrement sadique disposant d'une grue.

_ soit le Krakoukass (ouais, référence schtroumpf, c'est ça la culture littéraire bébé, tu peux pas test) s'était soulagé sur ma vitre.

Pour l'ouvrier, j'oubliais vite l'hypothèse, il pleut, or le BTP fonctionne comme les poulets, uniquement au sec. Pour le Krakoukass, je voulu y croire mais j'ai promis au Tentacule Vert, mon ami imaginaire, d'arrêter de croire en des choses qui n'existent pas, comme la justice, l'empathie, et le Krakoukass.

Alors me voilà, à me casser la nuque, fixant cette motte dégoulinante trônant sur mon velux, résistant même à la pluie battante. Songeant aux bizarreries dont est parfois capable le climat, aux légendes de pluies de grenouilles ayant parcouru des milliers de kilomètres parmi les nuages, je me pris à rêver que ce puisse être une motte de terre africaine, asiatique, américaine, qui aurait franchi les océans pour venir me niquer mon système de volets automatiques. Mais ces conceptions aériennes m'ouvrirent à d'autres hypothèses. Il y a maintenant près de dix ans, des amis à moi habitaient mon quartier actuel et faisaient pousser des herbes, disons de provence, sur leur balcon. La contre-bande d'herbe de provence étant un des chevaux de bataille de notre police si prompte à ne surtout pas agir contre le grand banditisme en col blanc, mais plutôt à traquer les smicards indisciplinés, je m'étais enquis avec eux de savoir s'ils craignaient ou non se faire repérer par voie d'hélicoptère. Oui, car la police se donne les moyen de lutter contre l'herbe de provence. C'est qu'il y a du soutien, derrière. C'est pas pour rien que Ducros se décarcasse. C'est pour nous faire chier.

Bref, mes amis m'avaient alors rassuré en expliquant qu'ils se permettaient un tel crime uniquement parce que leur quartier se trouvait sur un couloir aérien pour l'aéroport international du coin, empêchant de ce fait les hélicos de nos schtroumpfs à lunettes préférés de passer par là. Ils firent pousser tous les étés pendant six ans, ont déménagé depuis, dans la plus totale impunité. C'est toujours ça que Ducros n'aura pas.

Et me voilà, devant mon velux, a comprendre. Le couloir aérien. En réalité d'une motte de terre américaine, c'était peut-être bien un maxi menu double big mac qu'un New-Yorkais m'avait chié dessus, se dépêchant ensuite de regagner son siège, l’atterrissage approchant. En tout cas, il avait mangé quelque chose de massif, parce que sa bouse résistait au déluge même.

Moi qui aime noter les petites choses inhabituelles, les voir comme des signes, les interpréter, j'étais servi. J'avais beau me creuser la tête pour contourner la conclusion, rien n'y faisait, j'étais fait :

Les Cieux m'avaient chié dessus.

 

Je n'ai pas crié à l'injustice, oh ça non. S'ils devaient chier sur quelqu'un, ça devait être sur moi. Je me donne tellement de mal pour les décevoir. Pas plus tard que la veille, j'avais reçu un message de la part d'un ancien ami, un mec en or massif. Il fait parti de ceux que j'ai sommairement exécuté en partant en ermitage. Son message était poignant. Alors même que je l'ai mis sur orbite avec une violence rare et surtout gratuite, il me demandait, penaud, si suffisamment de temps avait passé à mon goût, si nous pouvions nous revoir, parce que je lui manque. En or massif, j'vous dit. J'ai pas su quoi lui répondre. J'aurais aimé lui répondre qu'il ne doit jamais écrire ce genre de messages à quiconque, parce que personne ne méritait qu'un mec de sa valeur se mette en telle position. Surtout pas moi.

Je ne côtoie plus, physiquement que... quatre personnes, si l'on excepte les devoir familiaux. Et déjà, ça me coûte. Ces quatre personnes, je leur ai fait payer le fait d'être là, plus de fois qu'il ne m'en aurait fallu, moi, pour qu'à leur place je tourne les talons. Je ne suis plus fait pour vivre, pour aimer l'humanité. Cet Eliott est mort, maintenant. Il ne reste que Nuit, qui déteste les hommes, lui plus encore, qui ne vit plus que par et pour l'écrit, dans un monde sans lumière. Je n'ai rien répondu à cet ami. Peut-être, s'il lui vient la mauvaise idée de lire ces lignes, comprendra-t-il qu'il ne faut pas se retourner vers son bourreau. Les bourreaux n'ont pas d'âme, elle s'est effritée peu à peu au fil des exécutions, jusqu'à disparaître. Vole, mon ami. Vole le plus loin possible.

Hier, également, j'ai écrit un mail assassin à la plus belle Plume que j'ai croisé de ma vie. La seule Plume, et pourtant j'en ai vu, à provoquer un grand émoi. Une Plume que j'ai reconnu, qui m'a aussitôt inspiré des écritures à quatre mains, ou au moins une belle rencontre littéraire, qui m'a passionné. Une virtuose de la syntaxe, de l'a-propos. Mais cette Plume ne m'a pas reconnu comme je l'ai reconnu. Alors je l'ai exécuté. Salement. Je suis comme ça, moi. Soit on m'aime passionnément, soit j'exécute. Ah, et pis des fois j'exécute justement parce qu'on m'aime passionnément. Ah, et pis parfois j'exécute pour rien.

 

Un gros con, quoi.

Alors, vous comprenez pourquoi j'ai pris la voie de l'ermitage ?

 

Ah tiens, alors que j'écris ces lignes, deuxième message de la journée d'un autre ami, un autre gars en or vivant loin dans le nord, un chevalier teuton aussi droit que respectable. J'ai pas répondu au premier. J'ai failli l'exécuter, me servant de l'excuse qu'il évolue dans un milieu sportif qu'il m'est insupportable de côtoyer. Mais la bouse a dû faire son effet en ternissant mes pensées d'une lassitude triste, j'ai pas eu cœur. Tant pis, je l'exécuterai demain. Siegfried, si tu m'entends, la charrette est partie.

Non, sérieusement, mes quelques lecteurs, les rares qui arriveront au bout de cette sombre humeur, vous avez par ma Plume mon seul bon versant, et encore. Si certains d'entre vous m'ont connu par ailleurs, ne vous trompez pas : ma plume est peut-être un peu plus expérimentée, mes histoires un peu moins désagréables à suivre, mais n'en concluez jamais qu'il doit en être de même de l'auteur qui écrit. C'est inversement proportionnel. Un peu comme dans Star Wars. Quand toute l'énergie est dirigée vers les boucliers, les lasers deviennent tout pourris. J'ai commencé par mettre toute mon énergie sur les lasers, le temps d'éradiquer tout le monde, les femmes et les enfants d'abord comme il se doit, et maintenant tout est dans les boucliers, pour mon ermitage. Même que si on regarde bien dans le cockpit, on voit le pilote qui fait un bras d'honneur à l'univers entier. Ce que je mets dans l'écrit n'est plus disponible pour la vie. Je vous le laisse, votre monde. Le mien n'a pas de lumière, mais il est aussi vierge des horreurs dont vous êtes capables. On y protège l'animal, l'enfant, le faible et l'idiot. Il faut juste se faire à l'armée de Reflets Sombre qui m'accompagnent partout.

Et aussi, parfois, au fait que les Cieux me chient dessus. Fair enough.

Même mes éclats d'âmes, cette allégorie nombriliste des tourments que je traverse. N'en croyez pas un mot, ne la voyez que comme une distraction, une invention totale. C'est pas que je réécris l'histoire, c'est que je l'invente entièrement. J'espère que l'Impératrice a eu le bon goût de comprendre qu'elle ne doit jamais venir en ce lieu, sinon elle doit frôler la syncope à chaque épisode. La pauvre doit bien peiner à me reconnaître en Chevalier, Poète, Trompe-La-Mort, Satyre. Hum, Satyre, à la rigueur. Mais ne vous y trompez pas. En réalité, tout le fond de l'histoire n'est dû qu'à la médiocrité suintante et poisseuse de l'humain que je suis. Mes bassesses, mes mensonges, ma stupidité, ma procrastination, ma faiblesse, et surtout, ma valeur première depuis toujours, celle qui tient la lame faucheuse d'altérité, ma lâcheté. Espérons que tout cela ne m'empêchera pas de devenir un meilleur auteur, c'est tout ce qu'il me reste. Ecrire c'est mentir, et ça, je sais faire.

C'est d'ailleurs bien la seule chose positive qui ait surgit de se repli en ermitage. Une vision juste de mon être, au delà de l'armure d'illusion que je m'étais forgé depuis ma plus tendre enfance. Difficile alors de ne pas se retourner. Les Sombres Reflets sont là pour m'expliquer ce qui s'est réellement passé. Je repense à la flamme Dansante, que j'ai tant fait souffrir, la responsabilisant de tout, alors même que j'étais seul coupable des atrocités qui ont jailli d'une rencontre pourtant céleste. La Rose Blanche, la plus pure, la première, cueillie bien trop tôt par les mains sales et griffues d'une âme sombre et laide. J'aimerais me répandre en excuses auprès d'elles d'abord, auprès de tout le monde ensuite. Mais ce ne seraient que des mots, hein ? Je vais vous confier un secret : les mots, c'est de la merde. Et pas de la merde New-Yorkaise qui fait dix milles bornes pour finir sur mon velux, non. De la petite fiante, qui disparaît vite, mais sent mauvais longtemps. N'écoutez pas les mots. Ils ne sont vecteurs que de fiction. Croyez les yeux, les sourires. Eux parlent de l'âme.

 

La dernière pensée de cette sombre humeur sera pour une des quatre personnes que je côtoie. Un jeune Soleil qui s'est jeté dans mes pattes, a résisté plusieurs fois à ma lame, jusqu'à entrer dans ma garde. Auprès de qui je me suis pourtant présenté sensiblement avec les mêmes mots que devant vous aujourd'hui, et qui, malgré tout, a continué d'insister. Quelqu'un qui connaît tout de l'obscurité absolue dans laquelle je me trouve. Qui ne m'en tient pas rigueur, qui m'a même avoué s'attendre à avoir régulièrement à faire à ma lame faucheuse. Au point qu'elle me nomme « Ma Nuit », qu'elle me le chuchote à l'oreille, lorsque dans ses bras j'oublie quelques secondes les torrents de larmes qui coulent sans fin depuis la face cachée de mes yeux.

 

J'ai tellement peur pour elle. J'ai tellement peur pour vous. J'étais un enfant bien trop sensible, aux valeurs bien trop blanches, presque christiques. J'ai survécu, mais il est mort. Il ne reste qu'un écrivain médiocre à l'âme laide.

 

Que les Cieux me chient dessus, encore et encore. Que je porte sur moi l'odeur de leurs célestes étrons, afin que tous ceux que je rencontre se tiennent à l'écart de ma lame faucheuse, et que tous ceux que j'ai connu ne se retournent jamais.

 

Protège-toi, jeune Soleil.

 

 
 

Lyrics:

Yeah baby, yeah I've been drinkin'
And I, I shouldn't come by, no
But I found myself in trouble
And I had nowhere else to go

Got some whiskey from the barman
I got some cocaine from my friends
I gotta keep on movin'
Til I'm back in your arms again

Guilty, yes I'm guilty
And I'll be guilty for the rest of my life
How come baby, how come I never do
what I'm supposed to do
How come everything I try never turns out right?

You know how it is with me baby
You know I just can't stand myself
And it takes a whole lot of medicine darling
for me to pretend that I'm somebody else

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Published by Eliott Nuit - dans Humeur du Jour
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